20 fév. 2019

Le grand Burundun-Burunda est mort

J'ai eu la chance de découvrir ce livre grâce l'opération Masse critique de Babelio. De prime abord, ce n'est pas un livre que j'aurai lu de moi-même, alors que le sujet m'intéresse et que la plume est très belle.

 

Cette édition franco-espagnole a une histoire bien particulière. Jorge Zalamea (1905-1969), journaliste, écrivain, traducteur et critique théâtral colombien quitte Bogota en 1951 pour raisons politiques et écrit Le grand Burundun-Burunda est mort un an plus tard, depuis son exil de Buenos Aires. Il a donc vécu au plus près de la dictature et en a visiblement subit les conséquences. Ce poème vibre de toute cette frustration accumulée.

Cette oeuvre est parvenue jusqu'à nous grâce à la volonté d'une jeune fille qui "étudie les littératures hispaniques à l'Université de Genève". Elle se rend à Cuba en 1997 et trouve le poème de Zalamea "dans la petite édition au format carré de 1968, pas vraiment un livre de poche, ou alors un poche de treillis. Elle emporte le livre au Venezuela, prend l'autocar pour Manaus, traverse l'Amazonie brésilienne, à son retour entreprend une nouvelle traduction quarante ans après celle de Miomandre."

 

« C’est un poème culte, l’un de ces joyaux presque secrets, de ces curiosités qu’on se refile sous le manteau entre zélotes d’une ‹ étrange confrérie › ». Patrick Deville résume en ces quelques mots l’aura mystérieuse de ce texte, inventaire des suppôts de la tyrannie réunis là, sous la plume de Jorge Zalamea et sur la plus longue et la plus large avenue du monde, pour le dernier voyage du Grand Burundun-Burunda, celui dont la volonté les a tous réduits au mutisme.

 

 

Cette allégorie de la dictature faite par Jorge Zalamea est cinglante. Tout à la fois sans faux semblants mais tout en panache, l'auteur décrit la lente mais inéluctable progression du terrible Burundun-Burunda à la tête du pays.
Page après page, on sent la main-mise du dictateur, l'immense toile d'araignée qu'il a tissé sur les différentes castes de la société, afin de contrôler le peuple à tous les niveaux.
Puis au milieu d'envolées lyriques, on découvre l'indicible : la parole retirée. Et finalement on se dit que toutes les dictatures, peu importe les formes prises et les idéologies qu'elles véhiculent n'ont que ce but-là, enlevée la parole au peuple.
Parce que la parole est vectrice d'amour, de liberté, de résistance.
L'auteur nous fait alors découvrir tout ce que les mots (qu'ils soient parlés ou écrits) ont comme force, tout ce qu'ils transportent en eux et à travers eux, et on comprend que c'est une liberté fondamentale, la liberté d'expression.
A la fois poésie et pamphlet, ce récit dénonce sans ménagement les dérives autoritaires, les abus de pouvoir, l'utilisation de la terreur comme moyen de gouverner.
Un texte qui résonne longtemps en nous et qui incite à réfléchir, au passé mais surtout au présent et à l'avenir.

 

Quelques citations :

"Comme il y en a qui détruisent avec une lime, avec une pioche, avec une torche, avec une lame de rasoir, Burundun détruisait avec les mots. Il détruisait de préférence, bien sûr, ce qui se forme et s'alimente avec les mots : l'honneur, la renommée, la réputation, le prestige. Toutes ces choses d'autant plus précieuses qu'elles sont vulnérables, toutes ces choses dont les hommes se nourrissent et se couvrent et sans lesquelles ils seraient comme de pauvres bêtes affamées et écorchées, toutes ces choses sur lesquelles s'édifie l'amour, se construit la paix, s'établit la justice et s'épanouit la vie, toutes ces choses qui, de par leur beauté même ne sont ni vérifiables, ni mesurables, ni comparables ni défendables, toutes ces choses..."

 

"À la différence de la Police et à l'instar des Forces Armées, détaillées auparavant, les Prêtres des Églises unies portaient un uniforme. De longues et larges tuniques couleur safran, sur lesquelles il était facile de discerner l'ombre ou du moins la souillure de quelque velléité politique, mais si innocentes et généreuses dans leurs plis que tout persécuté était tenté d'y chercher le refuge ultime de la confession devant Dieu, devant ce qu'il pensait être son Dieu sur Terre, naïveté et vanité du Pauvre !
Et de sa confession demeuraient ensuite les empreintes spirituelles dans son casier judiciaire.
"

 

Un livre à découvrir en français et en espagnol.

16 fév. 2019

La Citadelle des Neiges

J'ai déjà lu un livre de cet auteur, coécrit avec Christophe André, il y a quelques années et lorsque je suis tombée sur ce livre il y a quelques semaines dans la boîte à livres du Jardin Lecoq de Clermont-Ferrand, je n'ai pas hésité. Et j'ai bien fait !

Le résumé était déjà alléchant :

Détchèn est un enfant bon et compatissant. Né dans un petit village du Bouthan, au pied de l'Himalaya, il se sent plus attiré par la vie spirituelle des moines que par les rudes travaux des champs. Aussi, quand son oncle Jamyang, un ermite, lui propose de l'accompagner jusqu'à la mystérieuse Citadelle des Neiges, il n'hésite pas un seul instant. Là, dans ce lieu hors du monde, il pourrait suivre l'enseignement de Tokdèn Rinpotché, un maître spirituel, et développer auprès de lui à la fois sagesse et méthode. Mais avant d'y parvenir, un long voyage attend Détchèn, un voyage au milieu d'une nature inviolée et splendide, un chemin qui à lui seul sera porteur de bien des leçons ?

Voici mon avis :

Un très beau conte spirituel qui nous emmène sur les contreforts du Bouthan où l'on suit le périple de Détchèn à la recherche d'une vie spirituelle, sa rencontre avec son maître spirituel et les enseignements qu'il tire de sa vie d'ermite.

Le récit est ponctué de phrases philosophiques sur lesquelles méditer, fort intéressantes. Ce livre interroge notre rapport au monde, au temps, aux autres, il nous montre à quel point notre façon de voir et d'aborder les choses peut changer du tout au tout ces différents rapports.

L'auteur dévoile par petites touches la philosophie de vie bouddhique, c'est à la fois instructif et cela permet à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin.

Ce livre m'a particulièrement touché et a trouvé une résonance particulière en moi.

Quelques citations que j'ai particulièrement appréciées :
"Ces chemins marécageux sont comme le samsara, le monde de la souffrance. Pour le traverser, tu dois t’appuyer sur deux bâtons, la sagesse, et la méthode. L’un ne peut aller sans l’autre. Avec un seul bâton, tu auras tôt fait de perdre l’équilibre et de te retrouver le nez dans la boue."

"La sagesse, c’est de comprendre que tout ce que tu vois, tout ce que tu ressens, est aussi éphémère qu’un rêve, une illusion, une goutte de rosée, un éclair dans la nuit, une bulle à la surface du torrent. La méthode c’est d’être empli de compassion pour tous les êtres ; en gros, c’est d’avoir bon cœur. Sans sagesse, tu perçois tout de travers, et sans compassion, ta sagesse ne vaut pas grand-chose."

"Les pensées vagabondes sont comme ses sangsues, on ne les voit pas venir et quand on les remarque il est déjà trop tard : elles ont envahi notre esprit. Elles sont comme le feu qui couve sous les braises. Les braises se sont nos habitudes, nos penchants invétérés, il suffit que les événements de la vie les attisent pour que les flammes de la colère ou de l’envie ressurgissent."

"Quand tu chemines par ces sentiers difficiles, tu comprends mieux la loi de cause à effet. Si tu est distrait, si tu fais la moindre erreur, ta chute sera très désagréable.
C'est pareil dans la vie : si tu agis sans réfléchir ou, pire, avec méchanceté, tu récoltes naturellement des problèmes, sans compter le tort que tu fais aux autres."

"Ce métier à tisser est un enseignement à lui tout seul. La chaîne, vois-tu, montre qu’en ce monde toutes les choses sont reliées les unes aux autres. Si tu tends ou relâche l’un des fils, ton action se répercute sur tous les autres fils. La navette, elle, représente ton esprit et la motivation de tes actes. C’est elle qui crée le beauté ou la laideur de la trame de ton existence. Selon que ton esprit est bien ou mal intentionné, selon qu'il fait passer dans la chaîne de tes actes les fils de soir de l'altruisme ou le crin de l'égoïsme, il fera de ta vie une magnifique étoffe aux couleurs resplendissantes ou une toile rêche tout juste bonne à faire une camisole."

"La mort frappe les jeunes comme les vieux.
Toi et moi, nous pouvons très bien mourir ce soir. La mort est certaine, seule son heure est imprévisible. On ne sait, de la mort ou du lendemain, qui viendra le premier. Sois toujours conscient de l'impermanence des choses."

C'est un livre que je vous recommande chaudement.

30 oct. 2018

Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel

J'aime beaucoup les romans de cette auteure et j'ai eu la chance de découvrir ce livre grâce au Bookcrossing.

Voici la 4ème de couverture :
L'Ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l'image de certains souvenirs. Toxique, à l'image de certains regrets. L'Ancolie, c'est aussi le nom d'un chalet perdu en pleine montagne. C'est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu'il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu'au jour où la mort frappe tout près de lui, l'obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu'il s'agit d'un meurtre, que ce n'est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité. Une quête qui va le conduire sur d'effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons. Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au cœur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais. Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale...

Et mon avis :
Si je ne devais utiliser qu'un mot pour décrire ce livre : ADDICTIF !
J'ai été absorbée par l'intrigue, je me suis sentie si proche de Vincent et Servane... Impossible de quitter les pages du livre jusqu'au milieu de la nuit, et de me jeter dessus au lever... Cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps. J'ai vraiment accroché au déroulement, aux rebondissements, aux pistes suivies... et puis moi qui aime tant la randonnée, quel plaisir de découvrir les descriptions du majestueux parc du Mercantour.

J'ai frémi jusqu'à la fin, que je n'ai pas vu venir... je n'arrêtais pas de me dire, ce n'est pas possible, l'auteure ne peut pas nous faire ça... quel suspens extrêmement bien maîtrisé.
J'aime beaucoup sa plume, sa sensibilité, sa manière de décrire les personnages, aussi bien physiquement que psychologiquement. Elle nous fait vivre plusieurs émotions au fil des pages.
Un de mes grands coups de l'année, sans hésiter ! Et ce livre confirme mon intérêt pour cette auteure.

Quelques citations que j'ai particulièrement appréciées :
"On est toujours tellement impatient de vieillir à cet âge-là. On appuie sur l'accélérateur, en vain. Jusqu'au jour où on se surprend à chercher la pédale de frein... En vain."

"Libre.
Vincent aurait aimé l'être totalement. Mais on n'est jamais vraiment libre. Enchaîné par ses sentiments, ses passions, ses pulsions. Ses besoins, ses envies. Les devoirs qu'on s'impose, les prisons dont on perd la clef. Les souvenirs et les rêves. Tout ce qui fait qu'on est vivant.

"Un monde sans femmes, ce serait comme... un monde sans eau, sans chaleur, sans... lumière. Un monde où on aurait toujours soif, toujours froid et toujours peur. "

Cupcakes d'Halloween

Je démarre cette catégorie par une recette d'actualité, les Cupcakes d'Halloween !

Pour une quinzaine de cupcakes :
Préparation : 40 minutes
Cuisson : 25 minutes

Ingrédients :
1 pot de yaourt nature
3 pots de yaourt de farine
2 pots de yaourt de sucre
1 sachet de sucre vanillé
3 œufs
1/2 sachet de levure chimique

100g de pâte d'amandes blanche
1 pot de yaourt de pâte à tartiner au chocolat
4 rouleaux de réglisse
des vermicelles de chocolat
des smarties
sucre glace

Recette :
1. Préchauffer le four à 180°C (th.6). Dans un saladier, cassez les œufs, ajoutez le yaourt et mélangez. Versez le sucre et le sucre vanillé. Mélangez à l'aide d'un fouet. Ajoutez la farine et la levure, mélangez bien. Versez l'huile petit à petit tout en mélangeant bien. Remplir des moules à muffins avec la préparation. Enfournez pour 25 minutes.

cupcakes au four.jpg

2. Pendant ce temps, pour préparer les habits des cupcakes fantômes, pétrir légèrement la pâte d'amandes pour la ramollir. Saupoudrez un peu de sucre glace sur le plan de travail. Séparez la pâte d'amande en 2 boules. Étalez une boule de pâte avec un rouleau à pâtisserie. Découpez des carrés (il faut qu'ils soient assez grands pour recouvrir les gâteaux). Répétez la même opération avec l'autre boule de pâte. Déposez les carrés sur une feuille sulfurisée et réservez au frais.

3. Une fois les gâteaux cuits, les séparer en 2 groupes. Sur un groupe, tartinez le dessus des gâteaux avec de la pâte à tartiner et recouvrez-les de vermicelles. Déroulez les rouleaux de réglisses et découpez des "pattes". Piquez-les de chaque côté des cupcakes. Ajoutez les smarties pour faire les yeux. Vos cupcakes araignées sont prêts !

cupcakes araignees.jpg

4. Sortez la pâte d'amande du frigo et recouvrez les gâteaux du 2ème groupe. Trempez le bout d'une brochette dans la pâte à tartiner et dessinez des yeux et une bouche. Vos cupcakes fantômes sont à point !

cupcakes fantomes.jpg

Laissez refroidir et dégustez !

Lancement du blog !

J'ai décidé de me lancer dans ce blog afin d'échanger sur mes coups de cœur culturels, que ce soit de la lecture, un spectacle, un concert, un film ou sous une autre forme.

Étant impliquée dans une démarche Zéro Déchet, il m'a semblé évident de consacrer une partie du blog à cette transformation, petit à petit, de notre mode de vie.

Ce blog me permettra également de partager mes passions, le bookcrossing et la randonnée !

J'ai deux filles de 5 et 14 ans, je profiterai donc de ce blog pour échanger des idées de sorties, de recettes, de lectures qui leur sont destinées.

N'hésitez pas à échanger via les commentaires ou à m'écrire via le site, je serai ravie de partager cette aventure avec vous !

Bonne lecture !