La Citadelle des Neiges

J'ai déjà lu un livre de cet auteur, coécrit avec Christophe André, il y a quelques années et lorsque je suis tombée sur ce livre il y a quelques semaines dans la boîte à livres du Jardin Lecoq de Clermont-Ferrand, je n'ai pas hésité. Et j'ai bien fait !

Le résumé était déjà alléchant :

Détchèn est un enfant bon et compatissant. Né dans un petit village du Bouthan, au pied de l'Himalaya, il se sent plus attiré par la vie spirituelle des moines que par les rudes travaux des champs. Aussi, quand son oncle Jamyang, un ermite, lui propose de l'accompagner jusqu'à la mystérieuse Citadelle des Neiges, il n'hésite pas un seul instant. Là, dans ce lieu hors du monde, il pourrait suivre l'enseignement de Tokdèn Rinpotché, un maître spirituel, et développer auprès de lui à la fois sagesse et méthode. Mais avant d'y parvenir, un long voyage attend Détchèn, un voyage au milieu d'une nature inviolée et splendide, un chemin qui à lui seul sera porteur de bien des leçons ?

Voici mon avis :

Un très beau conte spirituel qui nous emmène sur les contreforts du Bouthan où l'on suit le périple de Détchèn à la recherche d'une vie spirituelle, sa rencontre avec son maître spirituel et les enseignements qu'il tire de sa vie d'ermite.

Le récit est ponctué de phrases philosophiques sur lesquelles méditer, fort intéressantes. Ce livre interroge notre rapport au monde, au temps, aux autres, il nous montre à quel point notre façon de voir et d'aborder les choses peut changer du tout au tout ces différents rapports.

L'auteur dévoile par petites touches la philosophie de vie bouddhique, c'est à la fois instructif et cela permet à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin.

Ce livre m'a particulièrement touché et a trouvé une résonance particulière en moi.

Quelques citations que j'ai particulièrement appréciées :
"Ces chemins marécageux sont comme le samsara, le monde de la souffrance. Pour le traverser, tu dois t’appuyer sur deux bâtons, la sagesse, et la méthode. L’un ne peut aller sans l’autre. Avec un seul bâton, tu auras tôt fait de perdre l’équilibre et de te retrouver le nez dans la boue."

"La sagesse, c’est de comprendre que tout ce que tu vois, tout ce que tu ressens, est aussi éphémère qu’un rêve, une illusion, une goutte de rosée, un éclair dans la nuit, une bulle à la surface du torrent. La méthode c’est d’être empli de compassion pour tous les êtres ; en gros, c’est d’avoir bon cœur. Sans sagesse, tu perçois tout de travers, et sans compassion, ta sagesse ne vaut pas grand-chose."

"Les pensées vagabondes sont comme ses sangsues, on ne les voit pas venir et quand on les remarque il est déjà trop tard : elles ont envahi notre esprit. Elles sont comme le feu qui couve sous les braises. Les braises se sont nos habitudes, nos penchants invétérés, il suffit que les événements de la vie les attisent pour que les flammes de la colère ou de l’envie ressurgissent."

"Quand tu chemines par ces sentiers difficiles, tu comprends mieux la loi de cause à effet. Si tu est distrait, si tu fais la moindre erreur, ta chute sera très désagréable.
C'est pareil dans la vie : si tu agis sans réfléchir ou, pire, avec méchanceté, tu récoltes naturellement des problèmes, sans compter le tort que tu fais aux autres."

"Ce métier à tisser est un enseignement à lui tout seul. La chaîne, vois-tu, montre qu’en ce monde toutes les choses sont reliées les unes aux autres. Si tu tends ou relâche l’un des fils, ton action se répercute sur tous les autres fils. La navette, elle, représente ton esprit et la motivation de tes actes. C’est elle qui crée le beauté ou la laideur de la trame de ton existence. Selon que ton esprit est bien ou mal intentionné, selon qu'il fait passer dans la chaîne de tes actes les fils de soir de l'altruisme ou le crin de l'égoïsme, il fera de ta vie une magnifique étoffe aux couleurs resplendissantes ou une toile rêche tout juste bonne à faire une camisole."

"La mort frappe les jeunes comme les vieux.
Toi et moi, nous pouvons très bien mourir ce soir. La mort est certaine, seule son heure est imprévisible. On ne sait, de la mort ou du lendemain, qui viendra le premier. Sois toujours conscient de l'impermanence des choses."

C'est un livre que je vous recommande chaudement.

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